Nikon F3 ohne Objektiv — Bajonett mit verharztem Blendenring (Standbild aus dem Reddit-Video von u/IndividualEven5062)

Un appareil argentique « en panne » a-t-il forcément besoin d’un CLA ?

Il y a quelques jours, sur r/AnalogCommunity, quelqu’un a posté un Nikon F3 tout juste déniché. Le levier de diaphragme, sur la monture, était gommé par de la vieille graisse et restait bloqué quelques secondes à chaque fois. Question : que faire ? La plupart des réponses allaient dans le même sens : il vous faut un CLA (Clean, Lube, Adjust). Envoyez-le chez un réparateur.

J’ai répondu, moi aussi :

Don’t overcomplicate it. Common issue. Just drip some light alcohol like Ethanol and jank the lever 100x left and right. It will loosen the old gunk and do the trick. Of course a clean CLA would be better, but you probably dont want to pay 300€ and wait for 3 weeks.

Moins deux votes, et ça continue de baisser. Les réparateurs professionnels présents dans le fil n’ont pas vraiment apprécié. « That’s just horrible advise. » « Sounds like a great way for me to end up with more business, thanks in advance. » « You would be a lousy doctor. »

De bonne guerre. Voici donc la version longue de ce que je voulais dire. Voyez-y un petit billet d’humeur à contre-courant.

D’où vient cet avis

Ausgeknipst n’a pas commencé comme boutique d’accessoires. Au départ, nous vendions en ligne des appareils reconditionnés : nous achetions des argentiques d’occasion sur eBay, nous les remettions en état, les réparions quand c’était possible, puis les revendions. Plus de 3.000 appareils sont ainsi passés entre nos mains avant de reprendre du service, et ce n’est qu’ensuite que nous nous sommes lancés dans la fabrication de nos propres accessoires et pièces détachées.

Ces années de reconditionnement sont le prisme à travers lequel tout ce texte est écrit : nous avons vu ce qui tue vraiment un appareil argentique, et ce qui a seulement l’air en panne.

Qu’est-ce qu’un CLA et pourquoi ça coûte ce prix-là ?

CLA, pour Clean, Lube, Adjust : l’appareil est démonté, la graisse vieille de plusieurs décennies est nettoyée, tout est relubrifié, puis les vitesses d’obturation et la cellule sont réglées. Une vraie révision complète. La plupart du temps, vous envoyez l’appareil, vous attendez quelques semaines, voire quelques mois selon le modèle et la disponibilité des techniciens capables de s’en occuper, et vous payez quelque chose entre 100 et 300 euros.

Et que ce soit clair : je n’ai rien contre les réparateurs. Bien au contraire, nous avons fait ce travail nous-mêmes pendant des années, et je sais d’expérience à quel point il prend du temps. Réparer un appareil photo, c’est un travail à l’unité, un boîtier après l’autre. Impossible de l’automatiser. Avec l’expérience, on va plus vite : le premier Canon FTB vous prendra peut-être quatre heures, après mille appareils peut-être une demi-heure, mais cent appareils vous coûteront quand même des semaines, parce que chacun d’eux passe entre vos mains. Quand on fait ce métier en professionnel, il faut se faire payer correctement pour s’en sortir, et la plupart des techniciens font leur travail avec fierté. Les prix sont justifiés. Ce n’est pas là le problème.

Un CLA coûte le même prix pour un appareil à 30 euros que pour un Leica

La facture d’un CLA se moque bien de ce que vaut votre appareil. Un Leica M3 et un Canon FTB passent à peu près le même temps sur l’établi. Si l’un des deux en demande plus, ce serait plutôt le FTB, car le M3 est relativement agréable à entretenir. Mais le M3 vaut plus de mille euros, alors que le FTB part sur eBay pour 20 à 40 euros.

Dans le cas du fil Reddit, d’ailleurs, il s’agissait d’un Nikon F3, qui se vend autour de 300 euros d’occasion : là, un CLA peut tout à fait se justifier. Avec un Minolta SRT, qui utilise exactement le même principe de levier de diaphragme, le calcul est tout autre : même travail, même prix, pour un appareil à 30 euros.

Et maintenant, demandez-vous qui tombe sur ces appareils. Canon FTB, Minolta SRT, Pentax K1000 : de superbes appareils mécaniques, d’entrée ou de milieu de gamme à leur sortie, vendus à des millions d’exemplaires et qu’on trouve partout sur le marché de l’occasion. Un Leica, on le reconnaît et on le revend. Le K1000 de papy, lui, dort 30 ans au grenier jusqu’à ce que quelqu’un le ressorte pour s’essayer à l’argentique.

Et ce quelqu’un est presque toujours un débutant. Il tombe sur un petit défaut, pose la question en ligne, et on lui répond : envoyez-le en révision, attendez trois semaines, payez 200 à 300 euros. Pour un appareil qui en a coûté 20. Avant même de savoir si la photo argentique lui plaît.

Dans la vraie vie, ce conseil ne débouche pas sur un K1000 fraîchement révisé. Ce qui se passe vraiment, c’est que l’appareil retourne au fond d’un tiroir et que la personne ne fera jamais la moindre pellicule. C’est exactement ça qui me dérange.

Ce que je ne dis pas

Je ne dis pas à un débutant de prendre un tournevis et d’ouvrir l’appareil pour aller voir ce qui se passe dedans. C’est en général le moyen le plus rapide de rendre irréparable un appareil qui était réparable : tous les réparateurs ont leur collection de cas du genre « l’ancien propriétaire avait déjà regardé dedans », et nous aussi.

Et je ne suis pas non plus contre le CLA en soi. J’y reviens plus bas.

Les petits défauts que vous pouvez corriger sans rien ouvrir

Sur les milliers d’appareils d’occasion que nous achetions à l’époque sur eBay, environ 60 % redevenaient utilisables avec un simple nettoyage, des joints d’étanchéité à la lumière neufs et un peu d’entretien des contacts de pile. Pas de démontage, pas de réglage, pas d’établi. Les trois grands classiques :

Un mécanisme gommé, accessible de l’extérieur, comme le levier de diaphragme du fil Reddit. Quelques gouttes d’alcool léger (éthanol) ou d’essence F, puis on actionne le levier quelques centaines de fois, jusqu’à ce que la vieille graisse se dissolve. Oui, la graisse dissoute reste dans le mécanisme et, sur les décennies à venir, ce n’est pas une solution propre. Mais l’appareil fait des photos aujourd’hui, au lieu de ne jamais servir.

Les fuites de lumière : les mousses d’étanchéité des années 70 et 80 se désagrègent en miettes collantes, et d’un coup vous voilà avec des traînées rouges sur vos photos. On gratte la vieille mousse des rainures, on colle des joints neufs. Un kit de joints d’étanchéité, un peu de patience et une heure devant vous, et l’appareil est de nouveau étanche à la lumière.

L’appareil ne donne aucun signe de vie avec une pile neuve : neuf fois sur dix, ce sont les contacts de pile qui sont oxydés. Grattez-les délicatement avec un petit tournevis plat jusqu’à voir apparaître le métal nu, et la cellule se réveille.

Pour presque tout le reste, il existe désormais un tuto YouTube, souvent pour votre modèle exact et votre panne précise. Avec un peu de soin, quelques tournevis et un après-midi de libre, vous pouvez réparer bien plus de choses que vous ne le pensez, même sans grande expérience. Willem Verbeeck a justement consacré une vidéo entière à la remise en état de vieux appareils argentiques à la maison :

Vidéo : « Fix Your Old Film Camera at Home! », Willem Verbeeck

S’il y a une chaîne que je peux vous recommander depuis nos propres années de reconditionnement, c’est Fix Old Cameras : on y a appris pas mal de choses à l’époque. Pour bien démarrer, regardez sa présentation des outils de base pour la réparation :

Vidéo : « Camera Repair Tools, Part One », Fix Old Cameras

Vous préférez lire plutôt que regarder ? Sur repaircameras.org, Ben Pirt rassemble la documentation de service de plus de 400 appareils, et vous trouverez d’autres guides gratuits, par exemple sur les classiques de Nikon ou sur le Kodak Retina, dans notre liste des ateliers de réparation. Jeter un œil au manuel de service vaut la peine même si, au final, vous ne mettez pas vous-même les mains dans l’appareil : vous voyez à l’avance jusqu’où va l’intervention et vous êtes mieux armé pour juger un devis d’atelier.

Quand un CLA est vraiment justifié

J’adore un bon CLA. Je le paie moi-même, ou je le fais moi-même quand j’en suis capable. Je photographie en argentique depuis 15 ans et je sais que je vais continuer, donc avec un appareil fiable et parfaitement fluide, j’en ai vraiment pour mon argent. Rien ne vaut un appareil mécanique fraîchement révisé.

Donc, si vous avez déjà passé quelques pellicules dans votre trouvaille de brocante et que vous savez que ce loisir va durer : offrez à votre appareil une vraie révision. Ou bien trouvez un exemplaire propre, déjà révisé, et gardez le vôtre pour les pièces. Les deux sont de bons choix, dès lors que vous savez que l’appareil le mérite.

Mais non, un appareil argentique « en panne » n’a pas forcément besoin d’une révision à 300 euros avant que vous ayez le droit de prendre une photo avec. Photographiez d’abord. La révision viendra plus tard, quand vous et votre appareil saurez tous les deux que ça en vaut la peine.

Venez me contredire dans les commentaires, ou directement sur le fil Reddit.

Photo de couverture : capture extraite de la vidéo de u/IndividualEven5062 sur r/AnalogCommunity.

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2 commentaires

Vladi hat recht, indem er diese Ebenen trennt: der perfekte Service und das perfekte Bild, wenn man die beiden extremen Pole so benennen mag. Irgendwo dazwischen liegt der jeweilige und sehr persönliche Wunsch, die Hoffnung und das eigene Vermögen. Der Beitrag plädiert ja nur dafür herauszufinden, was meine persönliche Position auf dem benannten Kontinuum ist und was deshalb mein nächster Schritt ist. Ist es nicht so: auch eine perfekt gewartete Kamera ist keine Garantie für ein perfektes Bild. Das erfordert viel Übung und deshalb ist es nur klug, Schritt für Schritt vorzugehen. Wie es der Schlusssatz ausdrückt: …“wenn du und die Kamera beide wissen, dass es sich lohnt”.

Stefan Latt

Thank you for the article. I am an avid camera collector and photographer. You hit the nail on the head with your article.

I have many cameras which means that I only have a handful of opportunities to use each camera in a given year. I do believe that a CLA is justified in several cases. However, if I can replace a broken or partially functional camera with a replacement for a fraction of the price of a CLA, I will do so. Most of my cameras require some type of attention that I can provide such as using lighter fluid to clear some junk inside of the camera. Please remember that I only use the camera a handful of times per year. Based on the quick math, it makes no sense for me to have my Pentax Spotmatic sent in for me at $200. Assuming I use it four times this year, that comes to $50 per use.

I do have other cameras that may simply not work and require dedicated attention. In this case a CLA may be the solution.

Marc Gordon

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